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Virage Sud contre l’homophobie !

15 avr

virage-sud-contre-lhomophobieL’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe déchaîne les passions et depuis quelques semaines les violences de la part de ceux qui contestent cette égalité des droits. Dans ce climat pesant, c’est bel et bien dans un stade de football qu’une initiative exemplaire a été observée. Lors de la rencontre Bordeaux-Montpellier de samedi dernier, les supporters des Girondins de Bordeaux ont déployé une banderole sur laquelle était écrit “Virage Sud contre l’homophobie !”.

Les stades de football sont régulièrement le théâtre de comportements et d’insultes homophobes et dans le contexte actuel, l’action des supporters bordelais est loin d’être anecdotique. Cette banderole témoigne d’un réel engagement et nous offre une bouffée d’oxygène bienvenue. Espérons qu’un coup de projecteur soit donné sur cette démarche et qu’elle suscite des émules. Dans tous les cas, merci et bravo à ceux qui ont pensé et mis en œuvre cette action.

Coïncidence ou non, c’est à l’occasion de ce match que le Football Club des Girondins de Bordeaux a renoué avec la victoire et selon les observateurs avertis grâce à un jeu brillant !

Grand Stade de Bordeaux, de nouvelles menaces venant de l’Europe

2 avr

commission européenneLe centre national pour le développement du sport (CNDS) ne versera pas la subvention de 28 millions d’euros à la Ville de Bordeaux pour la réalisation de son Grand Stade avant le feu vert de la Commission européenne. En effet, le financement public de cet équipement pourrait être considéré par Bruxelles comme une aide d’État illégale.

C’est à l’occasion d’une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 8 janvier 2013, passée inaperçue, que nous apprenons que la Commission européenne doit examiner le dossier de notification de la France concernant les subventions de l’État aux Grands Stades. Cette réponse ministérielle indique en effet que : “Les subventions seront versées selon les dispositions du règlement général du CNDS après que la Commission européenne – à qui le Gouvernement doit adresser un dossier de notification – aura déclaré que ces aides ne contreviennent pas au droit européen des aides d’État.“.

Cette information nous révèle que l’État n’est pas certain de la légalité d’une telle subvention. Or, d’un point de vue juridique, les aides des collectivités territoriales sont regardées comme des aides d’État. Autrement dit, la Commission européenne avait aussi à se prononcer sur les subventions octroyées par la Ville de Bordeaux (17 millions d’euros), la Communauté Urbaine de Bordeaux (15 millions d’euros) et le Conseil régional d’Aquitaine (15 millions d’euros). Dans la mesure où ces formalités obligatoires n’ont pas été engagées, les conséquences pourraient être particulièrement fâcheuses. En effet, et quelque soit la réponse de Bruxelles, l’absence de notification rend automatiquement illégales les subventions versées par les collectivités locales. Elles doivent alors être remboursées (voir à ce sujet le mémorandum de janvier 2012 sur les aides d’État diffusé sur le site du Parlement européen, PDF 119 ko). C’est donc 47 millions d’euros (total des sommes non notifiées) qui pourraient faire l’objet d’un remboursement.

Nous avions pointé cette illégalité dès le début de notre démarche contentieuse contre le contrat de partenariat public-privé (PPP) en concluant devant le juge administratif que la subvention de la Ville de Bordeaux devait être regardée comme une « aide contraire aux dispositions du Traité européen ». La Cour d’appel de Bordeaux devrait se montrer intéressée par ces derniers éléments.

2013

Grand Stade de Bordeaux : bientôt l’arrêt des travaux ?

28 mar

En raison de la procédure contentieuse initiée par le groupe socialiste de la Mairie de Bordeaux, le projet de Grand Stade né d’un mariage (blanc) entre le public et le privé ne verra peut-être pas le jour. Nous entendons déjà les acclamations d’un côté, les vociférations de l’autre et dans ce brouhaha, revenons sur quelques points (I) avant de préciser cette hypothèse (II).

I- UNE OPPOSITION JUSTIFIÉE ET DÉTERMINÉE

Pour un meilleur usage de l’argent public

Premièrement, le groupe socialiste de Bordeaux n’est pas hostile à un Grand Stade. Il conteste seulement son financement public et dit que si le groupe M6 veut offrir un nouvel édifice au Club des Girondins, c’est à lui de le financer. L’argent public n’a rien à faire dans ce projet, autrement plus nécessaire ailleurs. Un Bordelais sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Compte tenu de la très grande faiblesse des services publics municipaux en faveur des plus modestes (logement social, résidences pour personnes âgées, hébergement d’urgence, …), les priorités sont ailleurs. De plus, l’actionnaire du Club a largement les moyens de financer cette infrastructure dont on nous dit par ailleurs qu’elle permettra une meilleure rentabilité du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB). Plutôt que servir les intérêts du « sport business », les deniers publics seraient donc également mieux employés dans la construction d’équipements de proximité, là encore en déficit dans la Ville (crèches, écoles, piscines, gymnases, …). Enfin, le dernier baromètre (février 2013) de la CUB confirme que le Stade qui a toujours été considéré par les personnes interrogées comme le moins prioritaire de tous enregistre un recul de 5 points d’opinions favorables (PNG, 183 ko).

Un PPP risqué et toxique pour les finances publiques

barometre-cub-fevrier-2013-stadeEn second lieu, la détermination du groupe socialiste à combattre le contrat de partenariat public-privé auquel s’adosse le nouveau Stade ne signifie pas qu’il n’aime pas le football ou encore qu’il serait jusqu’au-boutiste dans l’opposition au Maire de Bordeaux. Le groupe socialiste aurait pu se contenter – à l’instar des autres composantes de l’opposition – de voter contre le financement du nouveau Stade, de faire une conférence de presse et d’envoyer un communiqué de temps en temps pour rappeler sa position. Convaincu que ce PPP, en plus d’être illégal, est d’une rare toxicité pour les finances publiques et qu’Alain Juppé a fait le choix de sacrifier l’intérêt général sur l’autel des intérêts privés, les élus socialistes ont décidé de mener le combat judiciaire à son terme.

Il faut préciser que ni M6 ni le Club des Girondins de Bordeaux ne sont parties au contrat. Cela signifie qu’en cas de défaillance du Club, c’est la Mairie qui restera redevable des loyers du FCGB. Cette configuration est loin d’être virtuelle. Les récentes mésaventures du Club du Mans poussent la puissance publique à se substituer au Club défaillant dans le versement des loyers d’occupation du stade. Les récentes déclarations de Nicolas de Tavernost après l’annonce des pertes des Girondins (14,3 millions d’euros) : « M6 ne sera pas le mécène des Girondins » ne sont pas non plus de nature à rassurer. En effet, comment le Club va-t-il pouvoir payer 3,85 millions d’euros de loyer annuel dans la situation critique qu’il connaît et alors que l’actionnaire n’entend pas se montrer plus généreux ?

Une détermination inversement proportionnelle à nos moyens

Saisir la justice administrative n’a pas été un choix facile car il faut bien savoir que l’opposition n’a aucun moyen financier (notre indemnité mensuelle est de 342 euros bruts, soit 4 à 8 fois moins élevée que celle d’un conseiller municipal de la majorité selon qu’il soit adjoint ou non) et que cette démarche contentieuse se rajoute au travail quotidien qui incombe à une minorité municipale. Juriste de l’équipe, il m’est donc revenu la charge de constituer le dossier et de rédiger les recours. Un groupe politique n’ayant pas de personnalité juridique, il devait être déposé au nom propre de l’un d’entre nous. Pour plus de cohérence, il a été décidé qu’il le serait au nom du mien. Sans l’aide précieuse de bénévoles anonymes, il aurait été difficile de boucler dans les délais une argumentation solide. Cette précision permet de comprendre pourquoi la jurisprudence sur les PPP est très pauvre : les élus d’opposition (de gauche comme de droite) n’ont pas les ressources nécessaires pour obtenir l’avis d’un juge en cas de doute sur la légalité desdits contrats.

Le Maire de Bordeaux dispose de puissants moyens de communication pour vanter les mérites de ce contrat et profite de sa complexité pour essayer de tronquer la réalité. Ainsi, il a récemment déclaré que le recours devant la Cour d’appel privait la Ville d’une économie de 30 millions d’euros. C’est un reproche assez cocasse quand on sait que c’est précisément la procédure contentieuse qui offre cette possibilité d’économie. Sans ce recours, Alain Juppé aurait fait perdre 30 millions d’euros à la Ville. En effet, il aurait cristallisé les taux d’intérêt (swap) à la date de la signature du contrat, alors qu’ils étaient beaucoup plus importants qu’aujourd’hui. La requête devant le juge administratif a empêché le Maire de Bordeaux de fixer ces taux qui sont aujourd’hui beaucoup plus favorables. Rien d’ailleurs ne nous dit qu’ils ne vont pas se stabiliser ou encore baisser.

 

II- UN PROJET MENACÉ PAR LE GEL DE L ’EMPRUNT BANCAIRE

Un investissement exclusivement financé par la puissance publique

Il faut d’abord rappeler que contrairement à ce que pourrait laisser imaginer le terme « privé » dans l’expression partenariat public-privé, ce sont les pouvoirs publics seuls qui supportent le coût de l’investissement. Pour le projet de nouveau Stade, le financement contractualisé est le suivant (pour une analyse exhaustive, se reporter à l’étude financière réalisée par l’association Transcub, PDF, 377 ko) :

    • 75 millions de subventions publiques (versés pendant la période de construction)

    • 10 millions de fonds propres correspondants aux avances des actionnaires, remboursables par la Ville sur 30 ans au taux de 15% environ (ce sont ces fonds qui permettent le début des travaux)

    • 114 millions correspondants au crédit construction (auprès de Dexia et Sumitomo Mitsui banking) remboursables par la Ville sur 30 ans à un taux de 4,75% environ.

Les 20 millions d’euros du FCBG correspondent à une avance sur loyer et non à une subvention à la construction (ils sont donc affectés à la partie exploitation et non à l’investissement).

Un emprunt gelé

Ces 114 millions sont, pour une large part, la clé de compréhension (ou d’incompréhension). Cette somme est empruntée pour le compte de la Ville de Bordeaux par le constructeur. Mais la banque (en l’occurrence, il y en a deux) préfère s’assurer que les annuités seront bien payées et considère qu’une collectivité est plus solvable qu’une société de projet dans laquelle les actionnaires ne mettent que 10 millions d’euros. Aussi, le contrat de partenariat et ses annexes prévoient que la créance détenue par le constructeur sur la Ville de Bordeaux (c’est lui qui emprunte à la place de la puissance publique) soit cédée à la banque. La collectivité rembourse alors non pas au constructeur mais directement à l’établissement financier. Cerise sur le gâteau : parmi les actes détachables on trouve une garantie supplémentaire pour la banque. Il s’agit de l’acceptation par la Ville de ladite cession. Cette acceptation a un effet puissant : la banque (le cessionnaire) bénéficie d’un droit de créance ne pouvant plus être affecté par l’évolution du rapport d’obligations liant le constructeur (le cédant) et la Ville (le débiteur cédé). Autrement dit, si le constructeur manque à ses obligations de propriétaire, la Ville ne peut plus bloquer le versement des loyers (elle ne peut plus opposer d’exception d’inexécution). La magie du PPP c’est aussi ça : les pouvoirs publics financent l’intégralité de l’investissement mais c’est le constructeur qui en est le propriétaire jusqu’au terme du contrat. Ainsi, et pour ne prendre que ce seul exemple, lorsque les normes de l’UEFA évolueront, les aménagements qu’elles induiront ne feront pas l’objet d’appel d’offre et se feront aux conditions du constructeur/propriétaire (cf. les dérives de l’hôpital sud-francilien et le surcoût d’environ 115 millions d’euros).

Il faut ajouter que la mobilisation de ces 114 millions ainsi que les 10 millions de la société de projet font l’objet de garanties particulières. Ainsi, le Maire de Bordeaux a accepté que la Ville paie plusieurs millions d’euros d’indemnités dans l’hypothèse où le contrat serait annulé par le juge. Autrement dit, si le juge administratif considère que le contrat est illégal, la collectivité, en vertu d’un accord signé par son Maire, s’engage tout de même à verser plus de 26 millions d’euros (somme évoluant en fonction de la date à laquelle le contrat pourrait être annulé, pdf, 287 ko dernière annexe) d’indemnités aux banques et au constructeur.

Le groupe socialise a donc attaqué le contrat de partenariat en lui-même et ses mécanismes de garanties. Ce montage juridico-économique protège le privé (constructeur et financeurs) au détriment de la puissance publique et donc du contribuable. La Cour d’appel de Bordeaux devra dire si ces diverses protections sont légales. C’est justement parce que la banque n’est pas certaine qu’elles le soient qu’elle a prévu une solution de repli. En effet, dans l’hypothèse où il existe un recours contre l’accord autonome (récapitulant toutes ces garanties), elle peut refuser de débloquer les fonds comme l’indique l’article 4 de l’accord autonome (pdf, 287 ko) :

 « En contrepartie de la conclusion du présent Accord Autonome, les Créanciers Financiers ont accepté de renoncer (dans le cadre des relations contractuelles qu’ils ont à ce titre avec le Partenaire) à conditionner le tirage sur les Instruments de Dette à l’absence de recours contre le Contrat de Partenariat ou l’un de ses actes détachables. »

Autrement dit, la banque renonce par avance à bloquer les fonds, même s’il existe un recours contre le contrat principal. Néanmoins, ce paragraphe est tout de suite suivi de celui-ci :

« Cette renonciation est toutefois conditionnée par l’absence de recours administratif ou contentieux pendants (les éventuels recours introduits durant les délais de recours ayant été définitivement rejetés) ou de retrait administratif à l’encontre de l’Accord Autonome ou de l’Acte d’Acceptation Accord Autonome ou de leurs actes détachables et l’expiration des délais de recours retrait applicables, tel que confirmé par l’Attestation de Purge visée ci-dessous [...] »

Cela signifie que la banque recouvre son droit de bloquer le financement du stade (crédit construction) s’il y a un recours contre l’accord autonome. C’est justement la situation dans laquelle on se trouve. C’est bien parce qu’elle imagine que l’accord autonome n’est pas d’une légalité éclatante que la banque ne se risque pas à débloquer les fonds. Car s’il n’y a plus d’accord autonome, toutes les garanties qu’elle prend au détriment de la puissance publique disparaissent. D’ailleurs, un courrier du Maire de Bordeaux à une de nos questions portant sur la cristallisation des taux (voir plus haut) montre que les financeurs entendent respecter scrupuleusement le contrat (autrement dit de la clause qui leur permet de ne pas s’engager).

Comment Alain Juppé financera-t-il un stade sans l’emprunt auquel il est en grande partie adossé ? Pourquoi a-t-il accepté ces conditions insupportables pour la puissance publique ? Ne devrait-il pas aujourd’hui renoncer à ce coût inacceptable pour les finances locales et donc pour les générations à venir ?

Le sauvetage possible du projet

Beaucoup d’énergie a été déployée dans la préparation de ce projet. Les plans sont réalisés, les travaux ont débuté. Pourtant, la menace d’un arrêt imminent du chantier liée au gel de l’emprunt bancaire pourrait pourtant être immédiatement levée. Il y a en effet une possibilité de sauver le Grand Stade. Il suffit que le groupe M6, actionnaire des Girondins de Bordeaux se substitue à la puissance publique dans le financement de cet investissement.

2013

Bordeaux, otage des ambitions électorales de son Maire

25 mar

bordeaux-luneMonsieur le Maire,

Vous avez décidé, ce matin, de modifier l’ordre du jour de ce Conseil municipal fixé pourtant il y a plus d’une semaine en joignant le PADD communautaire (projet d’aménagement et de développement durable) à ce document supposé nous renseigner sur le troisième volet de votre projet urbain. La seule raison qui vous a amené à le faire est de profiter encore un peu plus des moyens municipaux pour continuer votre campagne électorale.

Cela a été soulevé par les intervenants précédents, ce joli et probablement très coûteux document est un tissu de contre-vérités sinon d’inexactitudes qui ont vocation à gommer les très grandes faiblesses de votre bilan en matière de politiques sociales, de logements sociaux ou encore de démocratie participative. Vous réécrivez les faits et il est vrai que sur papier glacé, c’est plus facile à faire passer.

Mais rappelons alors qu’en matière de politiques sociales, et pour ne prendre que ce seul exemple, la subvention de la ville au centre communal d’action sociale est 40% inférieure à ce que consacre les autres communes de même taille à leur propre CCAS.

Rappelons également que Bordeaux compte à peine 16% de logement sociaux, soit une augmentation inférieure à 1,8% depuis que vous êtes maire. Bordeaux est donc la commune de la CUB qui a fait le moins d’effort en la matière.

Enfin, en terme de démocratie participative, la glorification de votre bilan est là encore amusante. Rappelons en effet que vous avez reconfiguré les conseils de quartier pour qu’ils soient à la botte de leurs adjoints, en imposant des communications longues et souvent insipides qui laissent que très peu de temps au débat avec les habitants. Et quid des refus obstinés de concertation de la population concernant le grand stade ou encore le nom du nouveau pont ?

En joignant votre information municipale au document communautaire, vous cherchez et vous l’avez révélé dans votre introduction, à opposer la ville à la CUB. Toute votre stratégie, votre vision de Bordeaux c’est celle d’un village gaulois qui serait en résistance contre toutes les autres communes de la CUB. Au lieu de chercher les synergies, de jouer collectif, vous voulez oser Bordeaux et seulement Bordeaux. C’est à contre-courant, une démarche anarchique qui fragilise la ville-centre dans la compétition européenne que se livrent les grandes métropoles pour développer leur attractivité.

C’est donc triste parce que l’Histoire nous montrera que cette stratégie est subordonnée à vos ambitions électorales et qu’en prenant en otage Bordeaux, c’est tous les Bordelais qui y perdent.

2013

Mettons Alain Juppé au défi d’oser le débat !

14 fév

Dans quelques jours, Alain Juppé tiendra à l’Athénée municipal une réunion d’information sur trois projets controversés : le Grand Stade, le Centre culturel du Vin et la Cité Municipale. Et si dans un élan démocratique, il osait le débat ?

Propagande bordelaise d'Alain JuppéDepuis plusieurs mois, les boîtes aux lettres des Bordelais sont engorgées par les publications à la gloire du premier magistrat de la commune. Tant pis pour la forêt amazonienne et les engagements écolos de l’éphémère Ministre du Développement et de l’Aménagement durables, Alain Juppé est bien décidé à nous ramener à la belle époque de la propagande politique, version papier glacé.

Alain Juppé déguste une soupe dans une RPA, Alain Juppé s’éclate avec les jeunes, Alain Juppé fait la grimace à Vincent Feltesse, Alain Juppé chante sur le pont, Alain Juppé pourrait bientôt remplacer Martine aux éditions Casterman. De quoi a bien peur le Maire de Bordeaux pour se laisser gagner par ce mal qu’on croyait pourtant éradiqué dans la plupart de nos grandes démocraties ?

Insatiable, Alain Juppé dégaine maintenant de son arsenal politicien la réunion d’information à l’attention de “l’ensemble des quartiers”. Le premier numéro portera sur le Nouveau Stade, le Centre du Vin et la Cité Municipale. Sans contradicteurs, avec la mobilisation des élus et militants UMP prêts à lui faire la claque au moindre battement de cils, cette soirée, programmée le 20 février s’annonce peu captivante. Afin de la rendre plus consistante, nous mettons le Maire de Bordeaux au défi d’oser le débat !

Ainsi, nous proposons à Alain Juppé de nous inviter à échanger avec lui, en public, sur ces trois dossiers. S’il assume parfaitement ces projets, il n’a rien à craindre à accepter que son opposition puisse exprimer les interrogations qu’elle soulève depuis plusieurs mois. Les Bordelais, dont les impôts financent intégralement la campagne électorale du Maire de Bordeaux, méritent bien d’entendre autre chose que le seul point de vue de ce dernier.

2013

Grand Stade de Bordeaux et les signes de mauvais augures venant du Mans

13 fév

Esquisse du projet, Fayat pour la ville

Esquisse du projet, Fayat pour la ville

Demain 14 février, le Maire du Mans réunit un conseil municipal extraordinaire pour présenter aux élus la situation financière alarmante dans laquelle se trouve sa ville. En cause, un contrat de partenariat public-privé signé en 2008 avec Vinci pour la réalisation du stade manceau (livré en 2011) qui rappelle aux élus qu’en cas de défaillance du Club, c’est la collectivité signataire qui règle la note. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la commune de Bordeaux est exposée aux mêmes risques dans le cadre du contrat de partenariat public-privé qui la lie à Vinci (via le société de projet Vinci/Fayat) pour la réalisation du nouveau Stade.

Rappelons que la Ville de Bordeaux s’est engagée à régler à Vinci (en plus des 75 millions d’euros de subventions publiques) une redevance annuelle de 11,8 millions euros (hors impôts évalués contractuellement à 2,65 millions d’euros par an). Vinci s’engage pour sa part à déduire de cette redevance des recettes nettes tirées de l’exploitation du stade (naming en particulier) pour un montant de 4,5 millions d’euros. Il reste donc, chaque année, à la charge de la commune la somme de 6,7 millions d’euros (hors impôts). La contribution des Girondins de Bordeaux est quant à elle de 3,8 millions d’euros sous forme de loyer versé chaque année à la Ville.

Si le Club des Girondins vient à connaître la même déconvenue financière que le Mans FC (et les récentes déclarations du patron de M6 à l’occasion des rumeurs de vente du club ne sont pas de nature à nous rassurer), la Ville de Bordeaux devra alors renoncer aux loyers du FCGB et pourrait donc être amenée à supporter un coût jusqu’à deux fois supérieur à celui imaginé initialement.

Pour éviter ce scenario, j’avais proposé au nom du groupe socialiste, lors du Conseil municipal du 31 mai 2010, d’amender la délibération proposée par le Maire. En évoquant le loyer dû par les Girondins, je faisais observer que “si cette somme peut être absorbée lors des bonnes saisons, elle représentera un coût exorbitant en cas de mauvais résultats sportifs. Sachant qu’on parle d’une durée de 30 ans, ces mauvais résultats sportifs, même si on ne le souhaite pas, sont à imaginer, donc ce n’est pas à la collectivité de payer en cas de défaillance du Club comme on a pu le connaître dans le passé“. L’amendement (n°2) proposé stipulait : “Le loyer dû par le Club pendant la durée du contrat ne pourra en aucun cas être garanti par la Ville de Bordeaux“. Le Maire rejeta mon amendement.

 À propos de la situation mancelle, la Gazette des communes écrit : “La déconfiture financière du Mans FC pourrait coûter cher aux contribuables locaux. L’enjeu n’est pas tant de sauver le club de football que de devoir, le cas échéant, rembourser des millions d’euros à Vinci, constructeur et exploitant du stade. Preuve de l’importance du sujet, le maire Jean-Claude Boulard réunira le 14 février 2013 le conseil municipal extraordinaire.”.

L’aveuglement d’Alain Juppé et son entêtement à refuser de protéger la Ville contre les aléas sportifs et financiers inhérents au football professionnel pourraient amener Bordeaux à vivre le même spectacle.

2013

Mariage pour tous, ma lettre au Médiateur de Sud Ouest

31 jan

Monsieur le Médiateur du journal Sud Ouest,

Lecteur quotidien du journal Sud Ouest depuis maintenant plusieurs années, c’est la première fois que je ressens le besoin de vous interpeller. Élu local, je suis concerné par de nombreux articles et parfois contrarié par certains d’entre eux mais jamais au point de prendre mon clavier pour écrire au médiateur du journal. Un grand débat de société s’est installé en France depuis quelques semaines à l’occasion du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe et j’ai le sentiment amer que Sud Ouest a ostensiblement choisi le camp de ceux qui s’y opposent.

Si les articles factuels sont d’après moi parfaitement équilibrés (les mobilisations des deux bords sont couvertes équitablement), ce n’est absolument pas le cas des éditoriaux. Selon la définition qu’en apporte le dictionnaire, en journalisme, un éditorial est un article qui reflète la position de l’éditeur ou de la rédaction sur un thème d’actualité. Sud Ouest compte trois éditorialistes et à ce jour seule une expression, hostile au mariage pour tous, se retrouve dans les colonnes éditoriales. Autrement dit la rédaction de Sud Ouest prend unanimement position contre ce projet de loi.

Il est sain que la presse d’opinion existe. Je ne trouve pas choquant qu’un journal affiche sa préférence et le lecteur doit pouvoir choisir son périodique en connaissance de cause. On comprend que le Figaro, au regard de sa charte éditoriale, de son histoire et de son positionnement se prononce contre ce projet de loi. Tout comme le journal Libération est parfaitement cohérent quand il s’affiche en faveur de ce texte.

Dans ce cas me direz-vous, pourquoi Sud Ouest ne pourrait-il pas également, sous la plume de ses éditorialistes et plus particulièrement sous celle de l’un d’entre eux, marquer sa préférence ? Pour deux raisons au moins : unicité et proximité. Unicité d’abord parce que Sud Ouest est le seul quotidien régional, ce qui en fait le journal de tous et non celui de lecteurs plutôt à droite ou plutôt à gauche. Proximité ensuite parce qu’il y a un lien quasiment intime avec le journal qui vous accompagne quotidiennement, qui vous rend compte de l’actualité locale, qui vous fait découvrir des territoires et des acteurs régionaux. Je ne crains pas de dire que j’aime ce journal ni que je me sens presque blessé lorsque sur un sujet de société il prend parti sans nuance.

Je crois que des éditoriaux défavorables à ce projet de loi ont toute leur place dans les colonnes du journal mais je suis également persuadé qu’ils ne peuvent pas être les seuls à régner.

Veuillez agréer, Monsieur le Médiateur, l’expression de ma haute considération.

2013

Alain Juppé n’aime pas les chochottes

26 jan

J’apprends aujourd’hui par Sud Ouest qu’Alain Juppé, en guise d’insulte à l’endroit de Vincent Feltesse, a publiquement affirmé cette semaine que ce dernier était une “chochotte”.

Ces mots aimables du Maire de Bordeaux sont intervenus après que le Président de la CUB ait exprimé son étonnement de ne pas avoir été invité à la présentation du Centre Culturel du Vin pourtant allègrement financé par la communauté urbaine.

À toutes fins utiles, rappelons la définition de “chochotte” :

1 (Familier) Garçon douillet, maniéré, efféminé.
C’est une vrai chochotte, ce mec.
2 (Familier) Homosexuel efféminé.
Il est un peu chochotte sur les bords.

Chochotte, ce n’est rien de moins que le “pédé” des cours de récréation pour adultes lettrés mais immatures. Il est de ces termes stigmatisants qui nourrissent la théorie selon laquelle les homosexuels masculins seraient moins hommes, autrement dit des sous-hommes.

Dans le but de se moquer de son adversaire, de le rabaisser, Alain Juppé n’a rien trouvé de plus intelligent que de tenter une approche homophobe. On sait le maire de Bordeaux peu porté sur l’égalité des droits mais on attendait tout de même autre chose de la part du “meilleur d’entre nous”.

2013

Alain Rousset favorable sans réserve au mariage pour tous

17 jan

Alain Rousset vient d’adresser ce communiqué à la presse après une interprétation hasardeuse erreur (corrigée depuis) du journal SudOuest.

Lors de ses vœux à la presse tenus ce jeudi au Conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset a répondu à une question portant sur le mariage pour tous.

Alain Rousset souhaite préciser que le mariage et l’adoption ne sont pas un problème dans le sens où il s’agit d’un engagement du Président de la République et que le Parlement sera amené à se prononcer sur le projet de loi dès le 29 janvier prochain. Il votera en faveur de ce texte.

Concernant la Procréation Médicalement Assistée (PMA), il a indiqué que cette question mérite d’être dissociée du débat sur le mariage pour tous. La PMA doit s’inscrire dans un débat plus large, comme l’a déjà indiqué le Premier ministre.

2013

Les pieds à Bordeaux mais la tête à Paris

15 jan

Dans une conférence de presse qu’il donnait aujourd’hui, Alain Juppé a notamment affirmé qu’il entrerait en campagne en janvier 2014. Nous sommes quelque peu surpris d’une telle déclaration. En effet, c’est ce même Alain Juppé qui, toujours à l’occasion d’une conférence de presse, annonçait le 18 septembre 2012 qu’il était « d’ores et déjà en campagne » pour les municipales de 2014, « et à plein temps » (20 minutes Bordeaux).

L’inflation de la communication municipale et les nouveaux moyens engagés pour investir le territoire bordelais depuis déjà plusieurs mois confirment bien qu’Alain Juppé se comporte de plus en plus comme un candidat et de moins en moins comme un Maire. Et tout cela, aux frais du contribuable Bordelais.

Cette nouvelle annonce du candidat Juppé n’est pas sans rappeler les répétitives déclarations qui avaient ponctué sa campagne législative jusqu’à ce qu’il renonce, effrayé par le risque d’échec, à se présenter devant de suffrage des bordelais.

Nous observons par ailleurs qu’au moment où il se redéclare candidat à Bordeaux et alors qu’il avait promis de se consacrer à sa ville, Alain Juppé s’estime libre de se présenter à l’élection présidentielle de 2017.

La conférence de presse d’Alain Juppé de ce jour aurait pu être l’occasion pour lui de nous dire quels sont ses grands projets pour les bordelais, comment il voit l’agglomération de demain. Au lieu de ça, il nous fait comprendre que s’il a bien remis les pieds à Bordeaux, sa tête reste à Paris

2013