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Hébergement d’urgence : rouvrons immédiatement les places de Leydet

5 déc

2012

La situation est dramatique. Chaque soir à Bordeaux le 115 n’a pas d’autre choix que d’expliquer à une centaine de personne qu’il n’y a plus aucune place d’hébergement pour la nuit. Les stratégies élaborées par les associations pour trouver des solutions temporaires échouent et les réseaux de solidarité sont submergés.

Compte-tenu de ce contexte, nous demandons solennellement à Alain Juppé de rouvrir immédiatement les 58 places du foyer Leydet dont il a décidé la suppression. Les chambres sont vides pendant que les gens dorment dans la rue ! C’est inacceptable !

Les travaux de Leydet ne commenceront qu’en février, il est donc tout à fait possible de rouvrir les places en question et de remobiliser le personnel jusqu’à cette date. Rappelons que contrairement à ce que prétend le Maire de Bordeaux, la suppression de ces places d’hébergement d’urgence n’a pas été compensée par d’autres places de même nature (l’existence de maisons relais ne résout malheureusement pas la crise que nous déplorons aujourd’hui).

Hébergement d’urgence : Alain Juppé a enfin trouvé comment se débarrasser des plus pauvres

1 déc

2012

Reconnaissons à Alain Juppé son incroyable ténacité. C’était il y a un peu plus de 10 ans, le Maire de Bordeaux cherchait une solution rapide et efficace pour débarrasser sa ville de ses habitants les plus pauvres. Il publia un règlement nommé “arrêté anti-bivouac”. Ce texte interdisait aux mendiants l’accès aux principales rues de Bordeaux. Le 7 janvier 2003, cet arrêté était annulé et la commune condamnée par le Tribunal administratif pour atteinte aux libertés individuelles.

Plus prudent mais tout aussi déterminé, notre ancien Premier Ministre a peut-être trouvé, une décennie plus tard, la solution pour expulser les marginaux de Bordeaux sans en endosser la responsabilité. Parce qu’il sait bien que la meilleure défense reste l’attaque, dans un communiqué de presse diffusé ce vendredi 30 novembre, Alain Juppé lance un larmoyant appel à la solidarité communautaire pour la création de places d’hébergement d’urgence dans les autres villes de l’agglomération bordelaise.

En effet, Alain Juppé trouve qu’il y a trop de pauvres à Bordeaux et souhaite que les autres communes de la CUB en prennent leur part. Il rappelle à qui veut l’entendre que 80% des places d’hébergement d’urgence se trouvent dans la ville centre. Il oublie toutefois de préciser que c’est le cas dans toutes les agglomérations, en France et dans le monde ! En effet, les plus démunis ont un besoin vital d’être à proximité immédiate des services publics et des commodités propres à une capitale métropolitaine. Éloigner les plus fragiles du centre ville revient à les condamner à davantage de difficultés et de souffrances. Il omet également de préciser que l’hébergement d’urgence est un des éléments d’une politique globale du logement dans laquelle on retrouve le logement social et pour lequel le Maire de Bordeaux n’est pas pressé de se montrer solidaire (16% de logements sociaux à Bordeaux).

Toujours dans ce communiqué, le Maire de Bordeaux feint de découvrir la situation : “Alain Juppé vient d’être alerté par les acteurs de l’urgence sociale sur la situation alarmante à laquelle ils doivent faire face aujourd’hui“. Le texte rajoute qu’il “manque 150 places d’accueil“. En réalité, les acteurs de l’urgence sociale tirent la sonnette d’alarme depuis fort longtemps et ils manifestaient il y à encore quelques semaines contre la fermeture, à Bordeaux, de places d’hébergement d’urgence décidée par l’État et … Alain Juppé lui-même ! Par ailleurs, c’est ce même Alain Juppé qui retirait de l’ordre du jour du dernier conseil municipal une délibération qui entérinait la cession gratuite à la Ville par la Région Aquitaine d’un ancien CFA devenu le foyer Tregey pour sans abris.

Bordeaux est une commune riche. Nous avons les moyens de partager la ville. Des centaines de millions d’euros sont engagés pour la construction d’un Grand stade de football, pour un centre du vin, pour continuer à rénover et embellir les façades. Il est financièrement tout à fait possible de créer, à Bordeaux, des places d’hébergement d’urgence mais son Maire n’a qu’une obsession : les supprimer.

Il y a 10 ans, Alain Juppé a été contraint d’abandonner sa chasse aux pauvres grâce à une réelle mobilisation citoyenne. Des manifestations avaient rassemblé plusieurs centaines de personnes, des campagnes d’information et des pique-niques solidaires avaient été organisés. Gageons que cette indignation se réveille à nouveau.

Edit 2/12 : Dans un communiqué en réponse diffusé le 1er décembre, le Préfet recadre Alain Juppé. Si je ne partage pas le scepticisme de la préfecture quant au nombre de personnes qui dorment dans la rue, la position de l’État accrédite la thèse selon laquelle “l’appel de Juppé” était bien un coup de com’.

Logement social à Bordeaux : les chiffres à l’origine du clash

28 sept

2012

Ce vendredi 28 septembre, lors du Conseil de CUB, Alain Juppé et son groupe ont quitté la séance. Le Maire de Bordeaux n’a pas apprécié que notre président de groupe, Alain Anziani, exige que je sois considéré avec le même respect que n’importe quel élu, même si je suis son opposant. Ce rappel à l’ordre intervenait après que mon discours ait suscité un tollé de la droite. Alain Juppé a répondu à l’adresse d’Alain Anziani que son propos était ridicule et qu’il n’avait aucun respect pour moi. Voici le texte de mon intervention qui a mis le Maire de Bordeaux hors de lui.

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Cette délibération est sur le fond un acte politique important qui a vocation à réduire les difficultés que connaissent plusieurs familles sur le territoire de la CUB et plus particulièrement sur celui de la ville de Bordeaux. Mais c’est aussi, Monsieur le président, le symbole qui permet de constater où sont les diseux et où sont les faiseux.

Incontestablement, cette délibération prouve que la CUB a pris a bras le corps cette question de la résorption de l’habitat précaire. On est bien entendu sur une compétence État mais comme pour les phases précédentes, nous affirmons avec cette délibération, la volonté qui est la nôtre de trouver des solutions.

C’est donc évidemment moins tant notre participation à cette MOUS qui fait débat que le désengagement de la Ville de Bordeaux dans le plan de financement. Alors que la Ville était partie prenante de la deuxième phase, pourquoi aujourd’hui renoncer à poursuivre ? Ce refus de participer à cette politique est d’autant plus singulier que le Maire de Bordeaux cherche par tout moyen à passer pour un bon élève. L’expression publique du Maire en la matière est inversement proportionnel aux efforts qu’il consent à trouver des solutions.

Par ailleurs, cette MOUS s’inscrit nécessairement dans une politique plus globale. Nous ne parviendrons pas à remplir les missions rappelées dans cette délibération si nous ne regardons pas toutes les marches de l’escalier qui mènent à un logement traditionnel. Ces marches sont l’hébergement d’urgence, le logement temporaire, le logement social puis le parc privé.

Comment grimper s’il manque des marches ? C’est tout l’enjeu de la loi SRU et des 20% de logements sociaux aujourd’hui portés à 25%. Michèl Duchène expliquait que nous ne pouvons pas parler de pourcentage, qu’il fallait parler de valeurs absolues. Chiche Monsieur Duchène. Pour atteindre l’objectif de 25%, il manque 11.948 logements sur la CUB dont 64% sur Bordeaux. Il manque aujourd’hui à Bordeaux 5336 logements pour atteindre les 20% et plus de 7600 logements pour parvenir à 25%. Et compte-tenu de la très mauvaise volonté du Maire de la ville pour inverser la vapeur, on ne parvient pas à créer cette marche dont je parlais et sans laquelle l’édifice de la politique de logement ne peut s’élever.

La déclaration d’Alain Juppé il y a quelques minutes concernant le risque faire d’Euratlantique un ghetto si on prévoit davantage de logements sociaux prouve combien le Maire de Bordeaux est totalement déconnecté des réalités, ça en est presque, excusez moi de le dire, affligeant. Dans le cadre du PNRQAD, nous avons tous voté et Alain Juppé a voté une délibération accompagnée d’une étude. Cette étude montre qu’aujourd’hui 90% des locataires bordelais sont éligibles au logement social. Autrement dit, quand Alain Juppé brandit de manière la plus caricaturale qui soit le risque de ghetto, il stigmatise purement et simplement 90% des bordelais qui ne sont que locataires de leur appartement. Les bailleurs sociaux ont une liste d’attente de 13.000 de logements sociaux à Bordeaux.

Avec le tableau qui nous a été communiqué, il n’y a plus de place à l’interprétation. Entre 95 et 2011, Mérignac augmente de 5% sa part de logement social, Gradignan : + 8 %, Pessac + 6%, même Lormont, qui n’est pourtant pas en retard en la matière, augmente de 6%. À Bordeaux, on passe de 14,2% de logements sociaux à 16%, soit une augmentation de 1,8%

Pour conclure, évidemment qu’il faut voter cette délibération mais il faut comprendre que la mauvaise volonté de la Ville de Bordeaux handicape sérieusement la satisfaction des objectifs attendus.

Foyer Leydet : des documents révèlent l’organisation d’une chasse aux plus pauvres orchestrée par le Maire de Bordeaux

22 mai

2012

Le foyer Leydet est un accueil d’urgence pour les personnes ne trouvant pas à se loger. Permettant initialement d’accueillir 163 personnes (arrêté préfectoral du 23 novembre 2001), la Mairie de Bordeaux a décidé qu’au 1er juillet 2013, l’établissement ne compterait plus que 64 places (soit une diminution de 60% de sa capacité d’hébergement).

Cette suppression de places d’accueil s’inscrit dans un programme cyniquement qualifié « d’humanisation » destiné nous dit-on à offrir un meilleur accueil aux personnes défavorisées. Nul ne conteste la nécessité d’améliorer l’hospitalité de Leydet. Toutefois, en refusant de compenser sur le territoire de la commune les places supprimées, la justification se révèle être un pur alibi pour une Mairie qui se débarrasse à bon compte de ses pauvres et fait peu de cas de son personnel.

Lors du Conseil municipal du 30 avril 2012, nous avons vivement protesté contre le refus du Maire de Bordeaux de compenser les places supprimées (cf Sudouest du 02 et du 10 mai). La Mairie nous répond qu’elle cherche des solutions, en évoquant notamment la piste des maisons relais. En tout état de cause, c’est plus de 150 personnes qui, chaque soir, contactent en vain le 115 (Ce chiffre est considéré comme sous-estimé par de nombreux travailleurs sociaux. Par ailleurs, certaines personnes ne sont pas comptabilisées, notamment les mères isolées qui relèvent dans de nombreux cas de la compétence du Conseil général et qui se voient proposer des dispositifs spécifiques). La suppression des places à Leydet va donc mécaniquement augmenter le nombre de déshérités qui se retrouvent à dormir dehors.

Deux documents, que nous publions ici, signés par le Maire et son représentant au CCAS démontrent un acharnement contre ceux qui n’ont déjà plus rien. Précisions que ces documents qui engagent pourtant la commune n’ont pas été présentés en Conseil municipal ni communiqués aux élus pour information.

Le premier, signé le 3 avril 2012 intitulé « Convention Centre d’Accueil d’Urgence Leydet » fixe les objectifs de suppression de places et indique par ailleurs, dans son article 7, qu’une contribution sera réclamée aux personnes hébergées. Un comble quand on sait que Leydet accueille les personnes les plus précarisées de Bordeaux !

Le second document, signé le 6 avril 2012 est un « Contrat de retour à l’équilibre financier » du centre Leydet. La recherche de l’équilibre d’un établissement de service public aux personnes sans ressources laisse déjà songeur mais ce n’est rien comparé aux objectifs qu’il fixe. Ainsi, dans son article 3, le ton est donné, l’établissement doit « maîtriser les coûts » au moyen de « mesures spécifiques » comme : « la réduction des emplois statutaires » (moins de personnels encadrant), « la réduction des dépenses énergies et fluides » (on réduit le chauffage en somme), « réduction des achats matériels et fournitures » (économisons sur les couvertures et les draps), « participation des hébergés au titre de l’urgence accompagnée » (réaffirmation de l’obligation déjà énoncée dans la convention).

Comme souvent avec la Mairie de Bordeaux nous avons, en matière sociale, la communication d’un côté : le forum social, les conférences sur la précarité, les hommages aux morts de la rue, … et la réalité de l’autre. C’est parce que nous refusons cette politique détestable menée par Alain Juppé que nous serons aux côtés du personnel de Leydet aujourd’hui lors de la manifestation prévue à 13h00.

Leydet – Convention État CCAS Bordeaux avril 2012

Leydet – Contrat de retour à l’équilibre avril 2012