Matthieu Rouveyre : Élu local bordelais

in Partenariats Public-Privé

L’Université de Bordeaux va vous faire aimer les PPP et c’est le privé qui régale !

2012

La Fondation Bordeaux Université s’est dotée en 2010 d’une chaire intitulée « Les contrats de partenariat public – privé : enjeux contemporains et défis pour l’avenir ». Produit de la collaboration entre GDF SUEZ et Sciences Po Bordeaux, cette chaire se devait notamment être « une plate-forme pertinente d’observation des enjeux et de la mise en œuvre des divers types de gestion des services collectifs » (PDF sur la fiche de cette chaire).

Force est de constater que ladite plate-forme n’a qu’une ambition : faire aimer les Partenariats Publics Privés aux étudiants de l’IEP de Bordeaux. Pour son troisième séminaire annuel (qui se tiendra le 9 mars), les organisateurs ont une fois encore décidé de tout faire pour séduire leur jeune public. Le choix des intervenants et l’intitulé des conférences démontrent que l’enjeu est avant tout de convaincre de l’exceptionnel intérêt de ces contrats. Les PPP ? Ce sont des « opportunités« , on peut y voir un modèle « original pour la modernisation durable du service de l’eau« , on organise leur « déploiement« . Et d’ailleurs, il s’agira de s’inspirer de ce qui se fait à l’étranger.

Que l’Université publique se penche sur ces contrats est une bonne chose. Il n’est pas non plus anormal qu’elle ouvre ses porte aux tenants des PPP. En revanche, qu’elle ne propose pas une audience équivalente aux chercheurs ou aux professionnels qui défendent une critique de ces montages juridico-financiers est réellement problématique. Les étudiants de l’IEP de Bordeaux sont les décideurs publics et privés de demain. Il n’est pas normal que dans leur cursus, les PPP auront surtout fait l’objet d’une glorieuse présentation.

Dans la mesure où ce type de contrat est une très bonne affaire commerciale pour les grands groupes, on peut comprendre qu’ils cherchent à organiser partout un lobbying puissant. Toutefois, le devoir de l’Université publique n’est-il pas de résister à ces pressions pour préserver la qualité de l’enseignement et l’esprit critique ?

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