Matthieu Rouveyre : Élu local bordelais

in Le site Bordeaux.fr

Bordeaux.fr : opacité, coût excessif et insuffisance de l’Internet municipal

Si le site de la mairie de Bordeaux est particulièrement bien réalisé, son évolution, son coût et les marchés publics qui le concernent n’en suscitent pas moins un certain nombre d’interrogations.

Le site bordeaux.fr a d’abord fait l’objet d’un marché public d’une durée de 3 ans passé en 2002, notifié le 2 avril 2003 à la société Sopra Group . La délibération D-20020118 du Conseil municipal du 25 mars 2002 qui l’autorise en précise le coût : « La dépense globale d’investissement correspondant à ces divers appels d’offres est estimée à 2 508 361 Euros H.T., soit 3 000 000 Euros T.T.C. et sera budgétisée sur une période de 4 ans. La dépense de fonctionnement est estimée à 1 500 000 Euros T.T.C. et sur la même période.« .

Le 30 janvier 2006, il a été demandé au Conseil municipal de Bordeaux d’autoriser la prolongation de la durée du marché par un avenant. La délibération D-20060053 autorisant cette prolongation indique : « Par délibération D-20020118 du 25 mars 2002, vous avez autorisé Monsieur le Maire à lancer un appel d’offres sur performances, pour le développement, la mise en œuvre, et l’exploitation du portail de la Ville de Bordeaux ‘bordeaux.fr’. A l’issue de cette procédure, un marché à tranches conditionnelles et à bons de commandes, a été notifié le 2 avril 2003, à la Société Sopra Group, pour une durée de trois ans et un montant TTC de 1 000 000 € T.T.C. minimum et 4 000 000 € TTC maximum. … La complexité et l’ampleur du projet, tant en terme d’architecture technique que de développement ont retardé la réalisation de la totalité des versions prévues dans la tranche ferme et celle-ci n’est pas encore terminée.« .

Le marché est donc prolongé jusqu’au « 1 avril 2007 ». Si cet avenant n’a aucune incidence financière, il aurait déjà dû alerter la municipalité sur la nécessité de prévoir le renouvellement du marché, un an plus tard. Pourtant, un an après, c’est-à-dire lors du Conseil municipal de ce lundi 5 mars, il est demandé aux élus d’autoriser un nouveau marché mais avec le même prestataire. Cette fois-ci, la complexité technique alléguée est telle qu’il est impossible, selon la municipalité, d’imaginer un instant recourir à un autre prestataire que Sopra Group. La délibération 20070149 de ce Conseil municipal prétend en effet : « Seul Sopra Group possède aujourd’hui les compétences techniques sur les réalisations faites pour permettre au portail de perdurer en production et de poursuivre son extension, sans que soit remise en cause toute sa base technique, l’architecture logicielle déployée et tous les développements réalisés sur cette architecture. Recourir à un fournisseur différent pour son maintien et son évolution obligerait à refaire la conception et les bases du portail, en renonçant à tout investissement financier et humain depuis 4 ans« .

N’importe quel diplômé en informatique vous dira que c’est accorder beaucoup d’importance à un prestataire technique, même s’il est toujours plaisant pour l’ego d’imaginer être indispensable.

Conclusion :

1) Concernant l’évolution du site Internet : La municipalité a fait preuve d’une imprévoyance tout à fait caractérisée. En 2003, Internet n’en était déjà plus à ses balbutiements et de nombreux experts pouvaient conseiller la collectivité sur les meilleurs choix possibles. Or on nous annonce aujourd’hui que nous sommes complètement captifs du prestataire initalement sélectionné. Il ne me semble pas qu’on puisse parler de « bonne gestion ».

2) Sur le coût de Bordeaux.fr : Entre le premier marché (d’un montant d’un à quatre millions d’euros) et le second (d’un montant maximum de deux millions d’euros), six millions d’euros, au maximum, sont alloués sur une période de sept ans. Soit la bagatelle 850 000 euros en moyenne par an (refonte intégrale du site, fonctionnement et investissement inclus) ! Je mets au défi quiconque de trouver une collectivité qui paye aussi cher son site Internet. Comparons avec les chiffres que nous indiquent les services de la mairie de Paris. Pour Paris.fr les prestataires informatiques et web ont coûté 700 000 euros en 3 ans (de début 2003 à fin 2005, refonte intégrale du site, fonctionnement et investissement inclus) soit 235 000 euros par an. Le site Internet de la mairie de Bordeaux coûte environ 261% plus cher que celui de la mairie de Paris, pour des prestations qui nous semblent beaucoup moins développées. Pour information, Paris.fr assure la diffusion audiovisuelle (depuis début 2007) en direct des 11 séances (chacune s’étalant sur deux jours) du Conseil de Paris, avec régie, réalisateur et 5 caméras pour un coût d’environ 100 000 euros par an. (Paris : 2,1 millions d’habitants. Audiences du site (mesurée par Xiti Expert: 46 à 48.000 / jour). Bordeaux : 220.000 habitants. Audience du site : 3.000/jour en 2006).

3) Sur les marchés publics de Bordeaux.fr : Nous considérons qu’aucun élément technique ne justifie de déroger aux règles des marchés publics en passant un marché complémentaire sans publicité ni mise en concurence. Nous saisisons le préfet ce jour pour lui demander de saisir le tribunal administratif aux fins d’annulation de cette délibération. Vous trouverez nos développements sur ce point dans mon précédent billet : Marché complémentaire relatif à Bordeaux.fr : je saisis le Préfet.

19 Comments

  1. le fondateur de l’UMP, ex Président du RPR, a été condamné en 2004 par la justice pour ses anciennes activités douteusers à la mairie de Paris dans les années 80 et 90, on croit donc comprendre que ses moeurs politiques là ont un peu été importé en terres bordelaises!?

  2. un site pour la ville de Bordeaux pour 6 millions, avec 3.000 pages, ca fait 2.000 euros la page!!!!!!!!!!
    on est content pour les actionnaires de Sopra

  3. je veux déménager à Paris!!! les impôts locaux sont moins chers, la culture est plus diverse et au moins sil respectent les lois là-bas maintenant, avec la gauche depuis 2001

  4. Sans compter qu’à ce prix là, le site aurait dû être accessible aux handicapés (visuels, moteurs, etc), bref respecter les normes d’accessibilité. + d’infos sur l’accessibilité d’un site : fr.wikipedia.org/wiki/Acc…
    Or ce n’est absolument pas le cas, le site de la mairie est invalide à 100%.
    Faites le test sur ce site : http://www.validateur.ca/ Entrez l’adresse du site et regardez ce qui se passe.
    Ca fait vraiment cher…!

  5. BRAVO pour ce scoop qui va faire frémir la droite… Le président fdondateur de l’UMP, M.Juppé, a décidément gardé les réflexes de la vieille politique louche.

    Notons avec lucidité que l’UDF, avec l’accord personnel de Fr.BAYROU, a fait liste commune dès le 1er tour (c’est le cas ailleurs pour les élections parteilles ces dernoères semaines… les journalistes n’en disent RIEN, bien sûr!) avec ses vieux potes de l’UMP à l’automne dernier (oct.2006) à Bordeaux.
    Et l’UDF ne dit mot, sur ce sujet comme sur beacoup d’autres, le différenciant un iota de l’UMP de Gironde…

  6. "Si le site de la mairie de Bordeaux est particulièrement bien réalisé […]"

    Ben non, même pas. L’accessibilité du machin est catastrophique… Ça passe même pas bien sous Firefox.

  7. Bordeaux.fr, le portail municipal qui arrose bien

    « Un, ce portail a représenté un coût élevé en développement. Deux, il n’en existe pas un seul au niveau national qui ait son niveau d’aboutissement. Et on va encore progresser, on veut surtout travailler à ça. » Le portail…

  8. pour info, le portail de grenoble a couté environ 70000 euros sur le 1er appel d’offres et depuis environ 15000 à 20000 euros par an en développement complémentaire avec un concurrent de sopra

    Dis donc, sopra il se goinfre méchamment et je comprends pourquoi il n’avait pas répondu a notre marché, on était pas assez cher !!!! LOL

  9. J’admire les analystes qui arrive en moins d’une minute à évaluer un projet web en se basant uniquement sur un chiffre et sur un code HTML résultant.

    Il est vrai qu’une architecture n tiers ne se résume qu’au code HTML résultant
    Il est également vrai que la connaissance des spécifications clients n’entrent pas en ligne de compte d’en l’évaluation de sa réalisation.
    Et il est de notoriété publique qu’il est inutile de connaître l’historique d’un projet pour en comprendre le montant final.

    Il est surtout vrai qu’avant de donner son avis sur un sujet il est impératif de s’informer un minimum et de ne pas s’arrêter aux effets d’annonce.

  10. Tous ces montants font rêver… alors qu’il faut se battre pour dépasser les 2 ou 3000 euros pour un mois de travail pour un site d’une petite localité ! Vraiment du n’importe quoi ces copinages 🙂

    Tellement que c’est ouf, que ça me fait rigoler de voir tout cet argent public partir à la trappe… mais que fait "Combien ça coûte" ?

  11. Un survole rapide du site, me montre :

    -1- Il n’est pas optimisé pour les moteurs de recherche
    -2- Le code generé est digne d’un debutant
    -3- Le design est sympa

    Sans reelement dire ce sue je fait je peux vous afficrmer qu’un contrat comme ca je le prend de suite.
    Sauf si ce site est directement relier a des base de donnee archaique et qu’il necessite une connection
    dont le devellopement est a effectuer par des ingenieurs hautement qualifier.

    Un equipe de roumain aurais fait le meme pour 1500Euros et encors c’est cher pour ce qu’il font et leur train de vie.

    Maintenant monsieur a la rose, passons aux chose serieuse :

    Vous remettez en cause le fonctionement de votre mairie !
    Prouvez et publier qu’il s’agit d’un accord truquer.

    Nous ne possedons pas le cahier des charge du produit.
    Il est peu etre precisé qu’il dois etre concu d’un facvon absolument pas standard.

    Votre mission si vous l’

  12. A coller a la suite du precedant ( fausse manip de ma part )
    Votre mission si vous l’acceptez :
    -1- Trouver l’intitulé de l’offre.

    Ca permetra aux professionel de voir si l’argent de la ville part dans des echanges amicaux ou si il est justifiable.

    ++

  13. Tout est publié sur mon site : délibération, CCAP, ma requête devant le TA, … tout y est, n’importe qui peut vérifier

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