Matthieu Rouveyre : Élu local bordelais

in Grand Stade - Partenariats Public-Privé

Pas de financements publics pour le Grand Stade ! Mon intervention au Conseil municipal du 25/01/10

2010

((/v2/public/2010/janvier/.lescure_m.jpg|lescure.jpg|L|lescure.jpg, janv. 2010))Monsieur le Maire, mes chers collègues, Sur le projet du Grand Stade financé avec des fonds publics, vous le savez, nous y sommes fortement opposés. Vous venez de dire que le refus du Conseil général était incompréhensible. Le sondage commandé par Sud Ouest et publié le 31 décembre 2009 démontre que les bordelais eux, ont compris. 73 % trouvent légitime le refus du Conseil général de financer cet équipement. La question est donc, Monsieur le Maire : pourquoi ne comprenez-vous pas les bordelais ? Vous caricaturez en prétendant que les bordelais veulent tout sans rien payer. Les bordelais ne trouvent pas illégitime de payer pour des écoles, pour des piscines, pour des routes, … Vous rappelez à juste titre que le candidat socialiste à la Mairie de Bordeaux en 2008 proposait un stade dans son programme. Allez jusqu’au bout de votre raisonnement et précisez que votre programme à vous ne l’incluait pas et que le résultat des courses est que avez été élu. Pourquoi diable entamer un chantier que vous avez refusé pendant la campagne électorale à l’issue de laquelle vous avez été majoritairement élu ? J’ai une petite idée, forcément mal placée, que je vous réserve pour un peu plus loin. Deux volets à mon intervention. __++I – Un financement inconnu++__ Sur la manière dont vous envisagez le montage juridique, vous êtes prolixe. Concernant en revanche la manière dont vous allez trouver les 15 millions d’euros, vous êtes muet. Il n’y a pas 36 manières de trouver de l’argent. Il y en a trois. __1) L’endettement__ Contracter un emprunt de 15 millions alourdirait sensiblement la dette de la commune. Cette dernière n’est pas handicapante, l’emprunt serait permis. Toutefois, on connaît votre refus d’emprunter pour investir massivement dans le logement, dans les RPA, dans la construction de piscines. On ne comprendrait pas que pour un équipement dépourvu d’activité de service public vous trouviez l’énergie d’aller contre votre réaction épidermique à l’emprunt. __2) L’augmentation de la fiscalité__ Cette autre solution n’est pas à l’ordre du jour. Vous avez affirmé à plusieurs reprises lors du vote du budget exclure toute augmentation des impôts. __3) Rogner sur d’autres postes de dépenses__ Si c’est cette option que vous retenez, et parce que vous nous parlez de courage politique, dites-nous quels sont les services qui auront à souffrir des restrictions permettant de trouver l’argent pour le grand Stade. Pour terminer sur ce point, le contrat que vous nous proposez d’adopter engage la ville pour bien de plus de 15 millions. Je fais la même analyse juridique que Pierre Hurmic. Les Girondins de Bordeaux ne mettent pas 100 millions sur la table. Ils prévoient de payer un loyer … à la ville qui sera donc appelée à payer dans l’hypothèse où le club ne remplirait plus ses engagements. En réalité, ce contrat incarne la collectivisation des risques et la privatisation des avantages. __++II – Un investissement public indécent++__ __1) Le contexte social et économique__ Dans le contexte économique actuel, votre choix entêté de vouloir mettre autant d’argent public dans un équipement destiné au sport spectacle est inacceptable. Les gens ont besoin d’un travail, d’un logement, de quoi aider leurs enfants à s’épanouir. Nous avons déjà un stade. Qu’un élu qui tient des permanences ici prétende qu’il a rencontré une seule personne lui ayant réclamé que la mairie finance un Grand stade. Sur un projet qui engage autant les bordelais, le minimum aurait été la concertation. Ne nous donnez pas de leçons en matière de courage politique. Le courage aurait été de leur demander. Et la concertation, c’est discuter avant de décider. __2) Un retour d’ascenseur ?__ Ce stade va servir, au mieux deux fois par mois. Je rappelle que les Girondins s’entraînent sur un autre stade. 150 millions pour quelques heures de spectacle par an. On marche sur la tête. Vous indexez une décision politique fondamentale aux résultats actuels du club. Si Bordeaux était en Ligue 2, jamais la question du Grand stade n’aurait passé la porte de ce Conseil. Ce stade, aucun citoyen bordelais ne vous a demandé de le porter. Non, vous avez répondu à une demande du président du Club qui, je me souviens bien se trouvait sur votre liste aux dernières municipales. En position certes non éligible mais son seul nom était une caution qui pouvait parler à nombre d’électeurs. Vous comprendrez dès lors que l’on puisse s’interroger, se demander s’il ne s’agit pas de votre part d’un juste retour d’ascenseur. __3) Un contrat qui exclut des activités de services publics__ Pour terminer. Sur le contrat Partenariat Public Privé, vous proposez d’exclure toute activité de service public. Pendant 20 ans, vous refusez l’exercice du sport scolaire, pendant 20 ans, vous refusez qu’il puisse y avoir des activités qui font vraiment le bien par le lien pour reprendre Madame Piazza. Sur ce point ci d’ailleurs, la CUB et la Région n’étaient pas informées. Pas plus d’ailleurs que le stade accueillerait des concerts. Je vous rappelle que le contribuable communautaire finance déjà un grand équipement destiné à accueillir des spectacles, c’est l’Aréna. Je ne crois pas que quand Vincent Feltesse vous a adressé une lettre d’intention en faveur des 15 millions, il imaginait que vous cherchiez à doubler l’Arena. C’est la raison pour laquelle j’ai bon espoir que les collectivités parties prenantes reviennent sur leur consentement visiblement vicié et enterrent définitivement ce projet anachronique. edit : Lors de ce Conseil, Alain Juppé n’a répondu à aucune des questions posées à ce sujet

One Comment

  1. Il n’y a pas de commentaires à rajouter. Tout est dit. ce projet de grand stade est aberrant. mieux vaudrait à mon sens soutenir davantage des sports dynamiques et de proximité. Le basket en est un exemple. Bordeaux Bègles (rugby)en mauvaide posture… Le foot n’est pas tout. Ne revenons pas aux projets pharaoniques de M Chaban-Delmas, on a déjà donné. cordialement C.COURTIN

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