Matthieu Rouveyre : Élu local bordelais

in Lutte contre les discriminations

Anciens combattants d’Afrique : ce que cache la consécration d’une voie en leur hommage

2010

Mon intervention au Conseil municipal du 29 mars 2010. Alain Juppé a refusé de condamner les propos de l’adjoint en question. Ce dernier a également refusé de revenir sur ses propos. Dans ces conditions, il me semble utile de publier la vidéo* justifiant mon intervention : ///html

/// Nous nous réjouissons qu’enfin, la Ville de Bordeaux prenne en considération l’existence et le comportement héroïque des anciens combattants d’Afrique. Leur rendre hommage en leur consacrant une rue est une bonne chose. Du moins, ce serait un bonne chose si cette décision était l’aboutissement d’une véritable prise de conscience. Nous avons beaucoup d’anciens combattants marocains à Bordeaux. Notamment parce que les archives militaires s’y trouvaient. Mais à l’époque, on en voyait un peu trop dans notre ville alors curieusement, ces archives ont été déplacées de Bordeaux à Caen. Forcément le trajet Casablanca-Caen était beaucoup plus compliqué que Casablanca-Bordeaux. Ce transfert a eu lieu en 1997 quand vous étiez Monsieur le Maire de Bordeaux premier magistrat de cette ville et également 1er ministre. On oublie un peu vite que Bordeaux a cherché à se débarrasser de ces anciens combattants encombrant. Cette délibération est un peut-être un moyen de présenter ses excuses. Pour ma part j’en doute. Hier, la majorité réunissait des anciens combattants pour leur présenter le dispositif du guichet unique. Le succès de cette convocation a dépassé vos espérances et vous avez du les accueillir sur le trottoir. Ces anciens ont également été froissés quand vous leur avait parlé de les placer en maison de retraite. Et je ne mets pas en cause les deux élues que vous avez envoyez vous représenter. Elles ont fait preuve d’écoute et de compréhension. Mais elles n’ont pas été suffisamment informées des enjeux du dossier. La Ville a pourtant financé un diagnostic concernant cette population. L’association ALIF a bien précisé quelles étaient les demandes de ces anciens. C’est de pouvoir continuer à vivre sur St-Michel pour la plupart. Et dans des conditions dignes. Sachez que certains vivent à plusieurs dans ce qui pourrait faire office de garage et beaucoup vive sous les toits alors qu’ils ont d’énormes difficultés de mobilités. Pour terminer Monsieur le Maire. Il y a peu de temps, un de vos adjoints a cru intelligent de théoriser la différence de pension entre les anciens combattants français et anciens combattant étrangers. Cet adjoint a même expliqué monsieur le maire que si on versait à un ancien combattant étranger les mêmes droits qu’un français, il se comporterait dans son pays comme un nabab. Et le mot a été pesé. Un nabab c’est un homme très riche qui fait étalage de son opulence. Dans le sens historique, il est même musulman. Quand on connait la douleur, la souffrance, le déchirement que provoquent cette différence de traitement, j’ai honte des propos de votre adjoint. J’aimerai entendre dans ce Conseil de la part de votre majorité que le sang versé par ces anciens combattants ne valaient pas moins cher que celui versé par les franco-français. J’aimerai entendre qu’à Monte Cassino on ne réclamait pas aux soldats leur carte d’identité. Nous aimerions que consacrer une voie à ces anciens combattants soit la révélation d’une réelle prise de conscience. *Cette vidéo est extraite du DVD réalisé par Cap Citoyenneté « Mémoires et Présent ».

3 Comments

  1. Je crois qu’il faut affirmer purement et simplement le droit à une pension au montant identique pour tous, quel que soit le pays où le bénéficiaire décide de résider. C’est quand même la moindre des choses. Sinon on va mener campagne pour qu’on attribue aux députés un salaire en fonction du lieu d’habitation. car les loyers ne sont pas au même niveau en ville et à la campagne. Et certains pour 1000 euros louent en ville un grand appartement alors que d’autres en campagne louent pour la même somme une jolie maison… et vivent comme des nababs !

  2. Bonjour,
    Suite à ce post, je me permets de revenir sur une affaire plus ancienne, que vous avez évoqué dans des articles précédents.
    J’ai appris que MM. Gouir et Mezrane, anciens combattants marocains, avaient finalement quitté leurs appartements Rue Maubec. Est-ce vrai ? Si oui, cela a-t-il été fait avec leur accord ? Si non, une action est-elle prévue pour dénoncer cet abus ?
    Merci.

  3. Suite à la médiatisation de cette affaire, InCité a renoncé à les loger tous deux dans une chambre minable d’un vieil hôtel. Ces deux messieurs ont récemment été relogés dans des appartements qui semblent leur convenir.

    Merci pour votre vigilance.

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