Mon compte-rendu de mandat énerve : les chiens aboient, la caravane passe

2010

En manque de polémique, la mairie de Bordeaux, par l’intermédiaire de l’adjoint du 5ème quartier a convoqué la presse pour expliquer combien j’étais un manipulateur. Ma faute ? Avoir réalisé un bilan de mandat (2008-2010) dans lequel apparaissent des témoignages d’acteurs du canton, dont certains sont liés directement ou indirectement à la mairie de Bordeaux.

1) Est-ce un document de campagne ?

Eh bien non ! Je sais que d’avoir perdu ce canton pousse la droite à y être en constante campagne dans l’espoir, un jour peut-être, de le ravir à la gauche. Toutefois, et même si cela paraît long aux jeunes ambitieux, la prochaine élection n’a lieu qu’en … 2014 ! Le document que j’ai publié est donc un simple compte-rendu de mandat comme les élus devraient, à mon sens, tous en faire un. À ma connaissance, à droite, seul un adjoint au Maire de Bordeaux a réalisé un tel document, celui du 4ème quartier. Précisions qu’il a sollicité les fonds publics pour cela. Pour ma part, j’ai financé personnellement cette publication.

2) Mais il y a le logo du Parti socialiste, n’est-ce pas ?

En effet. Je me suis présenté et j’ai été élu avec l’étiquette socialiste. En conseil municipal de Bordeaux, tout comme au Conseil Général, j’appartiens au groupe socialiste. Il est donc assez naturel que je rende compte en tant que tel. Je sais qu’il est difficile pour certains d’assumer leur famille politique. Pour ma part, j’ai toujours fait le choix de dire qui j’étais, où j’étais (même si parfois, reconnaissons-le, cela peut paraître pesant). Je trouve amusant qu’on me reproche d’afficher la couleur quand on sait que certains adjoints au Maire de Bordeaux, comme celui du 5ème quartier, ont fondé des associations supposées apolitiques qu’ils subventionnent avec de l’argent public pour marquer le territoire de leur présence. Il est piquant que toute cette polémique intervienne au moment où on découvre un accord caché entre l’UMP et le MoDem dans le cadre des prochaines élections cantonales.

3) Les personnes qui ont témoigné savaient-elles que leurs propos figureraient dans ce document ?

Évidemment. J’ai sollicité des acteurs du quartier en leur précisant (échanges de courriels à l’appui) que leurs témoignages avaient vocation à paraître dans mon compte-rendu de mandat (mais au fait, dans quel autre type de publication ces témoignages auraient-ils pu apparaître ?). La manipulation est aujourd’hui l’œuvre de la mairie qui veut voir dans cette publication un document « partisan » simplement parce que j’ose indiquer que j’appartiens au Parti Socialiste. Il me semble que faire pression sur ces personnes relève de méthodes d’un autre âge. Si j’avais su qu’on brandirait à leur égard des menaces de fautes professionnelles, je me serais bien gardé de publier leur expression. Je rappelle que ce document est sorti il y a déjà 10 mois … Je l’ai présenté lors d’une réunion publique qui s’est tenue sur le canton le 4 février 2010. Sud Ouest en avait parlé. Je trouve donc curieux que la mairie le découvre aujourd’hui. Je trouve également surprenant que ce simple compte-rendu de mandat (qui sur le fond, n’est pas contesté, savourons-le) fasse à ce point pâlir la municipalité. J’ajoute que la campagne d’intimidation à laquelle se livre la mairie de Bordeaux correspond à une politique globale contre son opposition et au mépris des règles démocratiques les plus basiques. Si vous recevez le magazine municipal, vous noterez que les permanences que tiennent les élus de gauche ne sont jamais mentionnées. Il faut savoir que sur le 5ème quartier, le Maire de Bordeaux refuse que je puisse tenir des réunions publiques dans les mêmes salles qui servent pourtant à la municipalité pour organiser les siennes. On refuse que les élus d’opposition puissent siéger dans certaines instances, comme les conseils d’école, …

Je m’étais engagé, en 2008, à rendre compte de mon action en tant qu’élu local, je continuerai à le faire, n’en déplaise au Maire de Bordeaux.