Matthieu Rouveyre : Élu local bordelais

in Démocratie locale

Reportage de TV7 sur le dernier conseil municipal de Bordeaux (du 5 mars 2007)

Vous voulez vous faire une idée de comment se passe un conseil municipal à Bordeaux ?

L’équipe de TV7 a réalisé un reportagesur ce grand moment de démocratie bordelaise. Quelques observations relatives aux éléments qui sont diffusés dans ce reportage.

1) La caméra

J’ai demandé à un ami, Stéphane, de filmer le Conseil municipal pour des raisons que j’explique dans le billet [« Vous n’avez pas la parole« ]. Pour M. Juppé, je manque d’éducation car il exige une autorisation pour filmer ces conseils. Cette autorisation n’est évidemment pas sollicitée par la loi. Si M. Juppé est le Maire de Bordeaux, nous n’avons pas vocation à lui laisser faire de cette ville son royaume où il édicterait ses propres lois.

2) La jurisprudence CUB

Lors d’un conseil de la Communauté Urbaine de Bordeaux (présidée par le socialiste Alain Rousset), un jeune camarade socialiste avait filmé les débats pour les diffuser sur le site PS de la CUB. Cela avait provoqué un certain émoi de la droite. Alain Rousset, qui n’était pas encore au fait de l’article 2121-18 du Code général des collectivités territoriales avait regretté de ne pas avoir reçu d’autorisation. Lors de ce même conseil, après avoir obtenu les informations légales de ses services, Alain Rousset était revenu sur cette demande. Tout conseil peut être filmé et nulle autorisation n’est exigée.

3) Le règlement intérieur

Lors de l’affaire du Gaz de Bordeaux, Alain Juppé m’avait coupé la parole en invoquant le règlement intérieur. Après vérification, je me suis aperçu qu’il n’y en avait pas. Suite à mon intervention, M. Juppé a mis le vote du règlement intérieur à l’ordre du jour du prochain conseil (2 avril 2007).

4) A quoi je sers si je n’ai pas les informations ?

Lors de ce conseil, j’ai dénoncé un montage de la Mairie qui, selon moi, est un écran de fumée pour éviter de rendre des comptes aux élus. L’an dernier, la Mairie a créé une association (Bordeaux Grands Evènements) pour organiser deux évènements traditionnellement gérés par la collectivité : la Fête du Vin et la Fête du fleuve. Jusque là, les élus avaient l’opportunité de vérifier les comptes à leur guise et voter en connaissance de cause. Désormais, il faut solliciter les comptes de l’association. Ce que j’ai fait, par courrier, avant le conseil au cours duquel on devait voter les subventions de la Fête du fleuve. Ces comptes ne m’ont pas été communiqués et j’ai donc demandé à quoi les élus servent s’ils ne peuvent pas contrôler l’utilisation des fonds publics. Pour information, cette association est tenue par la droite (pas de conseillers municipaux de gauche admis à siéger). J’ai voté contre la délibération (et donc les 385 000 euros de subvention) pour défaut de communication des comptes.

5) Juppé quitte la séance quand la socialiste Michèle Delaunay intervient

Alain Juppé prétexte un appel urgent. En réalité, il était dans l’entrebâillement de la porte, il ne souhaitait pas écouter l’intervention de Michèle Delaunay. Quand je pense que quelques minutes avant, il me donnait des leçons de bonnes manières …

6 Comments

  1. a titre d’infos, MMe Fayet adjointe au maire UDF d’alain Juppé a biensur voté durant ce conseil municipal et avalisé toutes les décisions UMP et notamment les machines à sous , alors qu’ils arretent un peu à l’udf de faire croire à certains citoyens qu’ils ont libre parole !!!
    l’udf c’est juste de l’ump en plus soft et tout aussi libéral…..

  2. Après l’encart dans Sud-Ouest, le quart d’heure dans tv7. Et je ne compte pas les innombrables reprises sur divers sites des billets de ce blog concernant l’affaire du site internet… Ce qui s’appelle le buzz médiatique. Mais outre cette nouvelle réalité, il en est une qui est incontestable : Bordeaux est verrouillée par un maire qui se prend pour un monarque absolu. Face à ce roi autoritaire, le trublion républicain Rouveyre, avec certes un certain sens de la provocation, mais aussi et surtout de vrais arguments de fond, vient troubler et bousculer le notable en chef de la ville. Il était temps, il était grand temps. Quand pourrons nous assister à la fin de ces quelques 60 années de pouvoir à droite? Quand pourrons nous dire : "Bordeaux outragé ! Bordeaux brisé ! Bordeaux martyrisé ! mais Bordeaux libéré !" Oui, ce jour là, il s’agira bien d’une libération… Courage citoyen Rouveyre. Avec tout mon respect. Florent

  3. Matthieu,

    Félicitations pour tes premières initiatives, provocantes mais en même temps rigoureuses et ayant pour ambition de mettre les débats , les vrais questions, et les problèmes sur le table du Conseil Municipal au grand jour; J’espère que tes initiatives contamineront les autres membres de l’opposition.

  4. @Bertrand: on doit féliciter Matthieu, certes, mais pourquoi cette remarque exprimant l’espoir que ces inititatives "contamineront les autres membres de l’opposition"? Assistant à presque toutes les séances du CM je peux affirmer que l’opposition ne manque pas d’esprit d’initiatives, peut-être un peu moins spectaculaires mais tout aussi sérieuses et bien préparées. Que les médias – désireux de jolies anecdotes – se concentrent volontiers sur les petites phrases, sur des coups de surprise – il faut vivre avec, ce qui est regrettable c’est qu’ils occultent trop l’autre travail sérieux fait par l’opposition.

  5. A citoyen de gauche; mon commentaire ne se veut en rien désobligeant pour le travail réalisé par les élus de gauche au Conseil municipal, au contraire; je pense simplement que la lutte est aussi dans la capacité à imposer les débats et les questions au vu et au su de tous en contraignant l’actuelle majorité à réagir sur des faits et des interrogations; la démarche de Matthieu ne peut que contribuer à plus de pugnacité en la matière, ce que chacun souhaite.

  6. déjà mieux, Bertrand! Pourquoi utiliser le mot "contaminer" alors? seulement une remarque: la politique est l’art de percer des planches épaisses avec persévérance, c’est à dire il faut un travail de patience de longue durée. Donc pour citer la mère de Napoléon: "pourvou qué ça doure!"

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